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Le plus petit musée du monde.
Après avoir manifesté, le matin, avec les travailleurs, vrais, faux, contrefaits, cassés, en miettes, retraités, en pré-retraite pour les travailleurs agricoles, en presque-retraite pour les mis à l’écart pour âge pas encore canonique, j’ai profité de ce joli mois de mai pour aller à la campagne.
La vraie, celle qui pue la bouse, le crottin, l’herbe nouvelle et pas la campagne présidentielle. Merde ! Un peu de repos avant le deuxième tour de cochon.
Direction Nolléval, Seine-Maritime dans ce beau pays de Bray, tout de vallons et de plaines, qui nous donne le cœur de Neufchâtel ou le petit carré, crémeux à souhait au début, et duraille à la fin.
Ce charmant village devrait s’enorgueillir de posséder le plus petit musée du monde dévolu au pipi caca. Installé dans le chalet de nécessité de l’ancienne gare de Nolléval-La Feuillie, ce musée est vite visité, et ne peut être visité que par une personne à la fois. C’est dire son originalité.
On aurait pu croire, que la municipalité dont je ne connais pas les édiles, aurait joué le jeu de ce « cimetière de l’art », qui peut constituer un but de promenade pour rouennais pas trop constipés du bulbe, ni foireux vache à bouse fraîche.
J’ai eu le triste spectacle de l’état d’abandon de ce haut lieu de la culture de nos culs embrenés et de nos vessies dilatées, vitres cassées, salles non nettoyées, végétation envahissante, culture intensive de l’ortie dont on fait de la soupe, et que les méchants parents utilisaient jadis pour élever les méchants enfants en leur fouettant les gambettes, voire le popotin, cul nu. Tout le monde ne pouvait pas se payer l’électrochoc en clinique à claques spécialisée dans la torture de la sauce blanche.
J’en appelle solennellement, en ces temps de merde économique et politique à un sursaut national et international.
Ne soyez pas fou ! Il faut sauver le MAD.
Il est en soi une œuvre d’art, qui, si nous n’y prêtons pas attention, risque fort d’être démonté, et qui sait, réinstallé au Moma à New-York, voire dans quelque galerie branchée, ou loin de sa vallée dans certain musée du Qatar. Les bègues me diront que le Qaqatar pour un muUUUsée du caca… pipipouuurquoi pas.
Et la lecture de « Rouen Pot de Chambre de la Normandie » de Patrice Quéréel à haute valeur littéraire ne suffira pas à me consoler de cette injure à l’art Duchamp aux champs.
Amis de l’art brut, de l’art don, de l’art avec un grand A, allez à Nolléval et voyez, souriez, riez.
C’est fait pour.